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Lundi le 12 juin 2006
L'élan est donné, ça roule...
À compter de cette semaine, vous aurez des nouvelles fraîches (mais brèves) de façon hebdomadaire. Plusieurs d'entre vous avez exprimé le souhait de venir nous aider et de suivre de plus près le déroulement des travaux. C'est très encourageant de voir l'intérêt suscité par notre projet cette année, ça nous donne beaucoup d'énergie et c'est un plaisir de partager notre passion avec vous tous. Vous aurez remarqué que nous avons reçu notre nouvelle caméra... l'ajout de nouvelles photos sera aussi plus fréquent.
Il s'en est passé des choses depuis un mois, je m'empresse de vous mettre au courant. Nous sommes très confortables dans notre abri, seul petit hic, le pic mineur qui nous faisait rigoler l'an dernier pendant la construction de l'abri parce qu'il venait taper sur l'échelle en aluminium est de retour (voir la chronique du 9 juin 2005). Au début c'était sur le toit de tôle qu'il s'acharnait et ça commençait vers 4AM. Alain a mis une toile publicitaire sur le toit et le pic a alors attaqué la cheminée, le barbecue, le mur de tôle derrière le poêle, la boite de camion en plexiglas. On a donc recouvert le mur et emballé la cheminée puisqu'on n'utilise pas le poêle de l'abri pour l'instant. Le plus emmerdant c'est qu'il tape quelques coups, puis il repart et revient une vingtaine de minutes plus tard et recommence ainsi pendant 2-3 heures, c'était impossible de se rendormir. Il s'est maintenant déplacé et attaque la coupole du satellite, au moins c'est plus loin et on arrive à dormir.
En novembre, on avait fermé en vitesse la partie du côté ouest qui n'est pas en pneus avec un panneau de 2X3 et de plastique qu'un voisin nous avait donné, le tout isolé de ballots de paille. Alain l'a remplacé par un muret de bois rond d'un mètre de hauteur sur lequel sont posées 2 fenêtres trouvées dans les vidanges. Il reste la finition entre les fenêtres et le toit ainsi que l'isolation pour que le gel ne soulève pas notre dalle de ciment, on fera ça plus tard cet automne.
Avec les dix jours de pluie à la mi-mai, l'eau de source qui s'accumule dans la citerne/puit de surface est devenue très ferreuse. C'est très mauvais pour notre chauffe-eau puisqu'il se fait une réaction chimique avec les tuyaux de cuivre où l'eau est chauffée qui finiraient par se boucher. On a constaté qu'en plus de l'eau de source qui arrive du haut de la colline grâce à une pointe et un tuyau, il s'infiltrait encore de l'eau au travers des feuilles de béton. On a scellé le tout et on a maintenant une eau bien limpide et savoureuse. On est vraiment chanceux d'avoir notre propre source qui coule à l'année et qui se trouve à une centaine de mètres au-dessus de la maison. Toute l'eau dont on a besoin arrive par gravité et à suffisamment de pression pour ne pas avoir à utiliser de pompe.
Cyrille, le petit français, est arrivé comme prévu le 3 juin. C'est un garçon charmant et qui en connaît un bout en construction, entre autre les murs de pierres sèches, les ballots de paille et les enduits à la chaux. On a déjà eu plusieurs discussions intéressantes sur un tas de sujets et de techniques de construction écologique. Il a déjà fait connaissance avec la faune locale; les moustiques préfèrent toujours les mets exotiques... Cette année c'est quand même pas si mal pour la mouche noire, on arrive souvent à travailler sans les filets, surtout le matin. Par contre, il trouve l'eau de la rivière un peu froide à son goût, pourtant elle est maintenant autour de 22C (72F)! Notre chienne, Tara, la trouve excellente et elle se baigne avec nous tous les jours avec un enthousiasme débordant qui nous fait toujours rire au éclats.
Et on a enfin recommencé à remplir des pneus! Ça fait un mois qu'on nous posait cette question. Les anciens réflexes refont surfaces, les courbatures et la fatigue du soir se fait beaucoup plus sentir. La pelle mécanique est venue faire quelques heures de boulot mercredi dernier. Il fallait creuser un peu plus du côté ouest de la maison, on manquait de place pour terminer le mur en "escalier" sur lesquel nous pourrons repartir si on désire agrandir dans quelques années. Nous voulions aussi améliorer l'écoulement de l'eau et il a fallu terminer au pic et à la pelle pour installer le drain français avant que ça s'écroule. On en a profité pour adoucir la pente du chemin qui monte vers la maison et sortir du fossé la pierre rose qu'Alain va tailler pour faire notre bain.
Et finalement, un groupe de jeunes de Katimavik est venu nous donner un coup de main dimanche. C'est vraiment un beau groupe qui en est à 2 semaines de terminer ce programme qui dure 9 mois. Ils viennent de chacune des régions du Canada et visitent 3 endroits où ils travaillent et font du bénévolats sur toutes sortes de projets. Une expérience en or pour voyager et apprendre nous ont confiés les 7 jeunes que nous avons rencontrés. La météo a coopéré et la journée a été fort agréable: un peu nuageuse et venteuse pour modérer l'ardeur des mouches noires et un peu de soleil en fin de journée pour nous donner envie de se baigner.
On a réussi à remplir une rangée complète de pneus mais nous avons rencontré un problème qui ne s'était jamais présenté l'an dernier. Après la pluie des derniers jours, le sable est tellement humide que lorsqu'on le compacte dans les pneus, l'eau en sort et transforme le tout en boue et prend une texture trop élastique pour terminer le compactage. Il va falloir laisser sécher un peu avant de terminer le boulot.
On a profité de leur présence pour faire d'autres petits travaux qui avaient été relégués au second plan. Entre autre, on a pu défaire et étendre les sacs de feuilles mortes ramassés l'automne dernier et qui nous servaient d'isolation. On peut ainsi rehausser et aplanir le sentier pédestre où l'eau a toujours tendance à s'accumuler au printemps. Ca a l'air un peu fou au début mais après un an, ça se transforme en une surface bien tapée et tout à fait naturelle. C'est étonnant de voir le nombre de personnes qui se donne le trouble de mettre cette matière hautement réutilisable dans des sacs en plastique pour les envoyer pourrir dans des sites d'enfouissement. Heureusement, ici à Chertsey, il y a ALain qui veille et ce qu'il ne ramasse pas, la collecte à trois voies s'en charge et composte le tout.

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